Murs amiantés : bien évaluer avant d’intervenir pour protéger les intervenants et respecter la réglementation

Travailler sur un mur contenant de l’amiante soulève plusieurs problématiques et exigences spécifiques en raison des risques pour la santé associés à ce matériau.

Lorsqu’on envisage des travaux sur un bâtiment construit avant 1997, la présence d’amiante dans les murs est une problématique incontournable. Invisible à l’œil nu, mais hautement dangereux lorsqu’il est libéré dans l’air sous forme de fibres, l’amiante exige une vigilance extrême avant toute intervention.

La plupart des murs en amiante, lorsqu’ils sont peints et scellés, ne présentent pas de risque significatif pour la santé. Les murs collés sont généralement stables, sauf en cas de bris ou de rénovations. Le principal risque survient lorsque des fibres d’amiante sont libérées dans l’air lors de la manipulation ou de la détérioration du matériau.

Chez Sebemex, nous accompagnons les professionnels du bâtiment, de la rénovation et du désamiantage dans l’identification des risques liés aux murs amiantés, et dans le choix des équipements adaptés à chaque situation.

Pourquoi retrouve-t-on de l’amiante dans les murs ?

Jusqu’à son interdiction en 1997 en France, l’amiante a été massivement utilisé dans le secteur du bâtiment. Ce matériau fibreux, très bon marché, était prisé pour ses qualités isolantes, sa résistance au feu, et sa durabilité. Il a été intégré à de nombreux produits de construction, notamment dans les murs.

On retrouve ainsi de l’amiante dans :

  • Les panneaux de fibrociment, souvent utilisés pour les cloisons,  les murs de façades. et autres revêtements extérieurs (bardage..)

  • Les enduits projetés et flocages (isolants thermiques) , notamment dans les locaux industriels ou les sous-sols.

  • Les colles et mastics servant à fixer des éléments muraux.

  • Certains types de plâtres ou d’enduits décoratifs, surtout s’ils datent des années 60 à 80.

  • Certaines peintures peuvent contenir de l’amiante, en particulier des laques,  des peintures anti-corrosion ou bitumineuses

⚠️ Ces matériaux deviennent dangereux lorsqu’ils se dégradent ou sont manipulés sans précaution. Ils peuvent alors libérer des fibres d’amiante, invisibles et extrêmement nocives lorsqu’elles sont inhalées.

Mur amiante ciment Texture de feuille de ciment d'amiante gris. Gros plan - depositphotos.com

Une évaluation rigoureuse des risques avant toute opération

Avant d’engager des travaux sur des murs susceptibles de contenir de l’amiante, une démarche structurée s’impose. Cette étape de diagnostic est non seulement une obligation réglementaire, mais surtout une précaution vitale pour la santé des travailleurs et des occupants.

1. Faire réaliser un diagnostic amiante par un professionnel certifié

La première étape est de faire appel à un opérateur de repérage certifié. Celui-ci interviendra pour :

  • Identifier les matériaux susceptibles de contenir de l’amiante (MPCA) ;

  • Effectuer des prélèvements, si nécessaire, pour analyse en laboratoire accrédité ;

  • Évaluer l’état de conservation des matériaux.

Ce diagnostic est obligatoire avant tous travaux dans un bâtiment construit avant 1997.

2. Évaluer le niveau de risque

Une fois l’amiante détecté, il faut déterminer :

  • S’il s’agit d’un matériau friable (à risque élevé) ou non friable ;

  • Si les travaux envisagés risquent d’endommager ou percer les matériaux ;

  • Si un confinement ou un retrait de l’amiante est nécessaire avant intervention.

 

Comprendre le cadre réglementaire : SS4 ou SS3 ?

Selon la nature des travaux, deux cadres réglementaires peuvent s’appliquer :

  • Sous-section 4 (SS4) : concerne les interventions ponctuelles ou limitées (perçage, percement, sondage, maintenance) sur des matériaux contenant de l’amiante non friable, sans objectif de retrait.

  • Sous-section 3 (SS3) : concerne les travaux de désamiantage proprement dits, avec retrait ou encapsulage de matériaux amiantés.

Dans les deux cas, des obligations strictes s’appliquent en matière de formation, de protection des opérateurs, de matériel, de suivi médical et de gestion des déchets.

Vieux batiment amiantée

Contrôle en continu sur le chantier

Échantillonnage de l’air

Des échantillons d’air sont prélevés à l’aide de pompes spéciales qui aspirent l’air à travers des filtres. Ces filtres captent les fibres d’amiante en suspension. Les échantillons sont ensuite analysés en laboratoire pour déterminer la concentration de fibres d’amiante présentes dans l’air.

Évaluer les risques d’exposition

Il faut évaluer les scénarios potentiels qui pourraient entraîner une libération de fibres d’amiante dans l’air. Cela peut inclure des facteurs tels que les vibrations, les chocs, l’usure, les infiltrations d’eau, les mouvements du mur, etc.

Déterminer les mesures de contrôle appropriées

Une fois que les risques sont identifiés, il faut mettre en place des mesures de contrôle appropriées pour minimiser l’exposition à l’amiante. Cela peut inclure des méthodes de confinement, telles que l’utilisation de barrières et de systèmes d’isolation, l’humidification du matériau pour réduire la libération de fibres, ou même l’élimination complète du matériau contenant de l’amiante.

Zones de contrôle

Des zones de contrôle peuvent être établies autour de la zone de travail pour limiter la propagation des fibres d’amiante. Ces zones sont généralement délimitées par des barrières physiques telles que des bâches de confinement.

 

Sécuriser les chantiers : les équipements indispensables

Protéger les personnes intervenant sur un mur amianté est une priorité absolue. Cela passe par la mise en place d’équipements spécifiques adaptés aux risques identifiés lors du diagnostic.

Chez Sebemex, nous mettons à votre disposition :

🎯 Des équipements de protection individuelle (EPI) adaptés :

  • Combinaisons à usage unique (norme EN 14126 ou EN ISO 13982-1)

  • Gants de protection spécifiques : contre la coupure, la perforation ou les produits chimiques

  • Masques à ventilation assistée avec filtres P3 ou appareils respiratoires isolants

  • Lunettes de protection ou visières intégrales

🌪️ Du matériel pour la filtration de l’air :

  • Extracteurs d’air avec filtres HEPA pour créer une dépression et éviter la dispersion de fibres

  • Surveillance du débit d’air et de la pression via manomètres et anémomètres

  • Cabines de décontamination mobiles

🧪 Du matériel de contrôle :

  • Tests de mesure d’empoussièrement

  • Thermo-hygromètres, pour surveiller l’environnement et optimiser les conditions de chantier

Planifier les travaux et la sécurité :

En fonction des résultats de l’évaluation des risques, il faut élaborer un plan détaillé pour les travaux à effectuer sur le mur. Cela inclut les procédures de sécurité, la formation des travailleurs, l’utilisation d’équipements de protection individuelle (EPI), la mise en place de contrôles d’ingénierie appropriés, etc.

Équipement de protection individuelle (EPI) :

Les travailleurs doivent porter un équipement de protection individuelle approprié, tel que des combinaisons jetables de type 5/6 avec des coutures thermoscellées, des masques respiratoires avec des filtres adaptés à l’amiante, des gants et des lunettes de protection.
Cela vise à réduire leur exposition directe aux fibres d’amiante.

 

Limiter l’empoussièrement doit être un objectif

Par ailleurs, l’outillage utilisé (ponceuse, perceuse,…) doit limiter l’empoussièrement  en étant combiné avec une aspiration à la source avec des filtres de Type H.

On peut aussi utiliser des gels spécifiques pour capter l’amiante au moment du perçage (type Easy-gel ou Gel A+…)

Poches de percement traversant EasyGel
Les poches de percement limitent l’empoussièrement

Par ailleurs, si c’est possible, il est préférable de déposer le revêtement avec un agent chimique type smartstrip ou licef à base aqueuse plutôt que manuellement pour réduire drastiquement l’empoussièrement.

Surveillance continue :

Pendant les travaux, il est important de surveiller en permanence les niveaux d’exposition à l’amiante, en utilisant des techniques de mesure appropriées. Cela permet de s’assurer que les mesures de contrôle sont efficaces et que les travailleurs et les occupants ne sont pas exposés à des niveaux dangereux de fibres d’amiante.

Suivi de l’air en continu :

Des appareils de surveillance de l’air en continu peuvent être utilisés pour mesurer en temps réel la concentration de fibres d’amiante dans l’air pendant les travaux. Ces appareils fournissent des informations immédiates sur les niveaux d’empoussièrement et permettent de prendre des mesures correctives si nécessaire.

Nettoyage et décontamination :

Des procédures de nettoyage et de décontamination appropriées sont mises en place pour éliminer les fibres d’amiante après les travaux. Cela peut inclure l’utilisation d’aspirateurs spéciaux équipés de filtres HEPA, le nettoyage humide des surfaces et des équipements, ainsi que la collecte et l’élimination sécurisée des déchets d’amiante. Par ailleurs, toute entreprise qui exécute des travaux sur des matériaux contenant de l’amiante doit mettre à la disposition de ses opérateurs des installations de décontamination. Le choix de l’unité de décontamination se fera en fonction du niveau d’empoussièrement estimé selon les tâches à exécuter :

  • niveau 1 : unité ou sas 3 compartiments, avec une douche d’hygiène ;
  • niveau 2 : unité ou sas 3 ou 4 compartiments, avec deux douches (décontamination EPI, douche d’hygiène) ;
  • niveau 3 : unité ou sas : unité ou sas 4 ou 5 compartiments, avec deux douches (décontamination EPI, douche d’hygiène).

En résumé : les bonnes pratiques à adopter face à un mur amianté

Ne jamais percer, poncer ou casser un mur sans diagnostic préalable.
Faire appel à un opérateur certifié pour le repérage.
Identifier la nature des travaux (SS3 ou SS4).
Mettre en œuvre les protections collectives et individuelles nécessaires.
S’assurer que les opérateurs sont formés et équipés selon la réglementation